Intervention de Nathalie Gadéa

 

 

 

 

 

En ouverture à la session de clôture de la Recherche , plusieurs interventions se succédèrent. Voici celle de Nathalie Gadéa, alliée du groupe de Toulon.

 

 

 

 

La première découverte à vous partager c’est que seule une parole en vérité produit une rencontre authentique. Pas de véritable rencontre sans une parole qui s’enracine dans l’épaisseur d’une vie.

Mon histoire , mon éducation, ma vie professionnelle et sociale ne m’avaient pas permis jusqu’alors de vivre la beauté, la grandeur de la rencontre avec des personnes malmenées par la vie.

J’avais croisé, côtoyé des personnes qu’une vie de galère et de misère avait cabossées mais jamais je ne les avais RENCONTRÉES.

Je ne pense pas être pire ou meilleure que quiconque dans cette salle mais je peux dire que la différence me faisait peur. Or la parole en vérité fait tomber les murs de la différence et permet de se rejoindre non sur ce qui nous sépare mais sur ce qui nous est commun.

Dans ce groupe j’ai vu des murailles tomber d’elles-mêmes, parce que dans une confiance établie, la parole prononcée s’enracinait dans la profondeur de l’existence humaine, sans aucun faux semblant. La rencontre devenait alors possible entre des partenaires à égalité dans leur humanité.

Si le cheminement dans ce groupe m’a permis d’avancer dans ma vie relationnelle, il a aussi marqué ma vie spirituelle. L’écho de la Parole de Dieu dans le cœur et la vie d’un croyant est un trésor qui, lorsqu’il est partagé devient nourriture pour la route pour les autres croyants qui, émerveillés entendent d’une oreille neuve cette Parole.

J’ai en mémoire, pour ne citer qu’un exemple, un partage autour de Marthe et Marie et j’entends encore Liliane relever la phrase de Jésus « Marthe, Marthe, tu t’inquiètes pour peu de choses ». Elle disait comprendre la remarque de Jésus car même avec un bout de pain sec et un bout de fromage on peut très bien recevoir correctement quelqu’un, si on sait ouvrir la porte de son cœur.

Je peux vous assurer que c’est beaucoup plus tranquillement que je reçois désormais des invités car cette parole de Jésus passée inaperçue jusqu’alors, résonne en moi depuis ce partage d’évangile.

Vie relationnelle, vie spirituelle, abordons maintenant la vie professionnelle :
De par ma formation je suis amenée à rencontrer des chrétiens engagés dans la Pastorale du deuil, ou animer des sessions pour la Pastorale de la Santé. J’aborde régulièrement des sujets comme le mal, la souffrance, la mort, la résurrection.

Toutes ces paroles échangées au long des mois colorent aujourd’hui ma façon d’aborder ces questions.

Au bout de deux années à cheminer avec des personnes qui initialement me paraissaient bien différentes, eh bien oui aujourd’hui je peux le dire : ce qui nous sépare du prochain, aussi différent soit-il, est bien moins important que ce qui nous unit.

Je le sais, je l’ai vécu.

Puisse le Seigneur me permette de ne jamais l’oublier.